Votre entreprise a traversé une période difficile, et une procédure amiable (mandat ad hoc ou conciliation) a permis de soulager la trésorerie, de gagner du temps et des liquidités à court terme ?
Félicitations : Vous avez franchi une étape décisive vers le rebond.
Mais la prévention n’est qu’un point de départ. L’enjeu désormais, c’est de pérenniser la relance, respecter les nouveaux engagements et retrouver une capacité d’autofinancement solide.
L’objectif : générer une Capacité d’AutoFinancement (CAF)
La Capacité d’AutoFinancement (CAF), c’est le moteur de la résilience financière. Elle mesure la capacité de votre entreprise à générer du cash via son activité pour financer ses besoins, ses investissements et ses échéances.
Pour qu’une entreprise reste saine après une restructuration, elle doit : Dégager suffisamment de trésorerie pour honorer ses dettes rééchelonnées, stabiliser son exploitation, et consolider sa crédibilité auprès de ses partenaires financiers.
Autrement dit : Eetrouver une performance économique durable.
Étape 1 : définir une vision claire et une stratégie cohérente
Chaque entreprise sortie d’une procédure amiable a besoin de reconstruire un cap. C’est le moment de formaliser trois piliers essentiels :
- La Vision : Quelle ambition pour les 3 à 5 prochaines années ?
- La Mission : A quoi sert l’entreprise aujourd’hui, quel rôle joue-t-elle pour ses clients et partenaires ?
- La Stratégie : Comment atteindre cette vision (marchés, produits, marges, investissements, RH) ?
Cette clarification aligne les décisions, mobilise les équipes et redonne confiance, en interne comme en externe.
Ces éléments doivent être partagés avec les équipes. Hors de question de les garder pour soi, car la seule façon de parvenir à exécuter la stratégie, c’est qu’elle soit bien connue et partagée par la vaste majorité du personnel. Chacun, à son niveau dans l’entreprise, doit savoir pourquoi et à quoi il contribue.
De plus, la Vision, la Mission et la Stratégie sont de formidables outils d’engagement des équipes. Nous seulement le personnel connait le Cap et comprend pourquoi l’entreprise prend cette direction, mais en plus cela est de nature à créer de la motivation et à favoriser le travail d’équipe. Alors, dirigeants, un seul mot d’ordre une fois que ces éléments sont créés : Communiquez, communiquez, communiquez !
Étape 2 : activer les 9 leviers de performance opérationnelle
Pour transformer le redressement en rebond, il faut travailler sur l’efficacité opérationnelle. Et pour porter le maximum de fruits, ce travail doit être complètement cohérent avec la Vision, la Mission et la Stratégie.
Neuf leviers concrets permettent de renforcer la CAF et d’améliorer durablement les résultats :
- Développer le chiffre d’affaires : Agir sur les prix, les volumes, les canaux.
- Fidéliser les clients existants : Un client fidèle coûte jusqu’à 5 fois moins cher qu’un nouveau.
- Réduire les charges opérationnelles : Optimiser sans fragiliser la qualité ni la productivité.
- Diminuer la valeur des immobilisations : Alléger les structures pour plus d’agilité.
- Mieux utiliser les immobilisations : Augmenter leur rentabilité par un meilleur taux d’utilisation.
- Investir intelligemment : Aligner les investissements sur la stratégie, éviter les dépenses d’ego.
- Optimiser les stocks : Libérer du cash sans compromettre le service client.
- Accélérer le recouvrement des créances clients : Raccourcir les délais d’encaissement.
- Négocier les dettes fournisseurs : Equilibrer les délais de paiement pour préserver la trésorerie.
Chaque action menée doit contribuer à améliorer au moins un de ces leviers.
Étape 3 : Mesurer, corriger, progresser
La relance passe par un pilotage précis. Mettre en place des tableaux de bord simples et réguliers permet de suivre l’évolution de la trésorerie, la rentabilité par activité, la réalisation des objectifs fixés… Et les partager avec les équipes pour plus de transparence permet, lorsque la communication est adaptée, de renforcer l’engagement du corps social.
Ce suivi, réalisé avec votre expert-comptable, un Directeur Administratif et Financier ou un conseil extérieur, aide à ajuster rapidement la trajectoire, à identifier les points de fragilité et à maintenir une dynamique d’amélioration continue.
“Mesurer, c’est maîtriser. Et maîtriser, c’est progresser.”
Le rôle du conseil dans cette phase de consolidation
Après une procédure amiable, le dirigeant peut se sentir seul face aux nouveaux défis.
C’est là que l’accompagnement prend tout son sens : Validation du plan de trésorerie, structuration du plan stratégique, recherche de financement complémentaire, mise en place d’indicateurs de performance adaptés.
Un regard externe, neutre et expérimenté, aide à préserver les acquis et à renforcer la solidité financière dans la durée.
En conclusion
La procédure amiable est une bouée de sauvetage, pas une fin en soi. Elle permet de gagner du temps pour permettre aux actions opérationnelles de fond de porter leurs fruit et de gagner des liquidités pour permettre de les financer. La clé du rebond durable, c’est la Capacité d’AutoFinancement.
Les leviers de performance (ventes, coûts, BFR, investissements) sont vos meilleurs alliés. Un pilotage rigoureux et un accompagnement expert assurent la réussite sur le long terme.
Après le sauvetage, place à la reconstruction.
